Histoire du mot Amérindien.

En francophonie, nous utilisons communément le mot « Amérindien » pour désigner les peuples autochtones des Amériques. Pourtant, ce terme, contraction d’Amérique et d’Indien, trouve son origine dans une erreur historique remontant à l’arrivée des Européens sur le continent. En 1492, croyant atteindre les Indes orientales, les Espagnols baptisèrent les populations rencontrées du nom d’Indiens.

Du nord au sud du continent, les peuples autochtones sont extrêmement diversifiés, chacun portant un nom propre dans sa langue, mais les premiers colons européens les regroupèrent indistinctement sous des appellations généralisantes et souvent péjoratives: « Indiens », « sauvages », « indigènes », ou encore « peaux-rouges » désignant ainsi lespopulations « non-civilisées » précoloniales.

Ce n’est qu’à la fin du XIXᵉ siècle, lors d’un congrès de la Société anthropologique de Washington, qu’est proposé le terme « Amerind », abrégé d’American Indian, dont dérive ensuite le mot « Amerindian » traduit en français par « Amérindien ». Ce terme, comme les précédents, a été forgé sans la participation des premiers concernés, perpétuant ainsi une logique ancrée dans une perspective coloniale, reflétant une vision eurocentrée, marquée par le mépris et la volonté de domination.

J’ai récemment appris que le mot « Amérindien » avait été retiré des manuels scolaires de 3ᵉ et 4ᵉ années au Québec, à l’initiative des peuples premiers , qui lui préfèrent les appellations « autochtone »  « première nation » ou « peuple premier/natif/racine » pour désigner l’ensemble des tribus autochtones. Ce changement s’inscrit dans une démarche décolonisatrice, visant à redonner aux peuples autochtones la maîtrise de leur désignation, dans une logique de justice et de  justesse historique, géographique et culturelle.

C’est dans ce contexte que je considère aujourd’hui que l’expression « Native American flute (ou NAF) couramment employée par les anglophones, en français « Flûte native américaine », est plus juste et respectueuse pour désigner ces flûtes traditionnelles appelées à l’origine « Siyotanka ». Ce terme est peu utilisé en France, mais, pour toutes les raisons évoquées ici, il me semble plus approprié que celui de « flûte amérindienne ».

Je sais que beaucoup d’entre vous continuent d’utiliser l’expression « flûte amérindienne » pour vos recherches en ligne ( je ne vous en fait pas le reproche, loin s’en faut!).  C’est pourquoi, pour des raisons de référencement du site, je suis contraint de l’utiliser un minimum sur l’atelierduvent. Je m’en tiendrais à ce minimum en attendant que notre langue commune évolue dans le bon sens.

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